Joseph Schwartz naît à Bourgoin en 1846. Il s’installe à Lyon, où il entre en apprentissage chez Jean-Baptiste Guillot-Père, fondateur des Ets Guillot au lieu dit «Terre des Roses». A la fin des années 1860, Guillot-Père songe à céder sa firme et c’est tout naturellement à Joseph Schwartz qu’il vend la « Terre des Roses ». La vente est effective en 1871. Celui-ci, depuis plusieurs années est devenu le principal assistant de Guillot-Père dans tous ses travaux de recherches et d’hybridations.

Joseph Schwartz a 25 ans et il se trouve soudainement propulsé à la tête d’une firme horticole de renom qu’il va diriger avec talent et compétence qui ne se démentiront jamais tout au long de sa brillante carrière. La destinée apportera son lot inexorable de gloires, de succès mêlés d’épreuves et de tragédies. Il marquera la vie de chacun des membres de cette attachante dynastie horticole lyonnaise.

Joseph met toute son énergie dans son travail d’hybridations et très vite il accède à une notoriété internationale. Ses premières obtentions sont de véritables succès. Parmi elles : Auguste Rigottard(1871), Madame Georges Schwartz(1871), dédiée à sa mère, Prince Stirbey(1871), Mademoiselle Eugénie Verdier(1872) et la fameuse Reine Victoria(1872) qui demeure une des roses Bourbon parmi les plus admirée et plantée au monde. D’autres obtentions suivent avec un succès grandissant : la noisette Olga Marix(1873), Noisette Moschata(1873), Perfection des Blanches(1873), et que dire de l’incomparable thé Comtesse Riza du Parc(1876), Souvenir de la Reine des Pays-Bas(1876) et la non moins célèbre Alfred K. Williams(1877).

Joseph Schwartz va de réussite en réussite. Il appartient à ce groupe de rosiéristes lyonnais dont chaque obtention est attendue par les professionnels et les amateurs comme un événement. Il est estimé et respecté par ses collègues, dans ce milieu très fermé de l’hybridation où règne cependant un climat de méfiance. On s’admire et l’on se concurrence tout à la fois.

Nommé Chevalier du Mérite Agricole, il obtient la médaille d’or en 1872 à l’Exposition Universelle de Lyon. En 1873, il devient Correspondant de la Société d’Horticulture et d’Agriculture du Duché de Limbourg (Pays-Bas). Ses obtentions se succèdent, ses succès aussi, avec : Emilia Plantier(1878), Jules Chrétien(1878), la délicieuse noisette Madame Auguste Perrin(1878),

l’incontournable Madame Alfred Carrière(1879) qui a eu en 1999, les honneurs de la philatélie française, Jules Jurgensten(1879), Madame Oswald de Kerchove(1879), Reine Maria-Pia(1880), l’hybride de setigera Bijou des Prairies(1880), la si délicate et florifère rose thé Madame Joseph Schwartz(1880) dédiée à son épouse, Camoens(1881) et Madame Jules Grévy(1881).

Madame Schwartz travaille inlassablement et partage la passion de son mari pour la culture des roses. Femme de caractère, intelligente, infatigable, elle prend une place prépondérante au sein de l’entreprise familiale.

Les années passent ...naissent de nouvelles roses : Comtesse Henriette Combes(1881), Madame Fany de Forest(1882), Marguerite de Roman(1882), Secrétaire J. Nicolas(1883), André Schwartz(1883) dédié à son fils, Jeanne Drivon(1883).

En 1883, les rosiéristes lyonnais apprennent qu’une grande exposition de roses va se dérouler à St Petersbourg en Russie. Ils désignent à l’ unanimité, Messieurs Lacharme et Schwartz pour être membres du jury. Nouvelle consécration pour cet homme qui ne compte plus les prix et récompenses décernés à ses obtentions.

Joseph Schwartz rend le dernier soupir le 11 octobre 1885 à son domicile, route de Vienne à Lyon, âgé seulement de 39 ans.

Parmi ses dernières obtentions, citons : Général Appert(1884), Victor Hugo(1884), Albane d’Arneville(1885), Climbing Pride of Waltham(1885) et Souvenir d’Eugène Karr(1885).

Une foule d’amis lui rend un ultime hommage lors de ses obsèques dans le petit cimetière de la ville voisine, à Vénissieux.

Extrait de la Saga des Schwartz Bulletin N°7 de Roses Anciennes en France automne 2001, par Gérard Petit.